LE BRONZE, Trésors et commerce

•25 novembre 2010 • Laissez un commentaire

LE BRONZE

Trésors et Commerce

Du Zaïre ( le Congo Démocratique ) à la côte d’Afrique occidentale, la ceinture de la forêt équatoriale s’étire sur près de cinq mille kilomètres. C’est de cette région que proviennent quelques-uns des bijoux les plus précieux et les plus finement travaillés – ivoire sculpté, bronze coulé, ornements de perles d’or et de verre – que l’on puisse trouver sur le continent africain.

Autrefois, les habitants des forêts tiraient du commerce toute leur richesse et la diversité de leurs bijoux. On acheminait l’or, l’ivoire et les esclaves vers le nord, en empruntant les routes commerciales du Sahara – et plus tard, en grandes quantités, par bateaux qui longeaient la côte occidentale – pour les échanger contre des perles de verre, du cuivre, du laiton et du corail apportés par des navires marchants portugais. Dès le début du XV ème siècle, les Portugais avaient inauguré ce négoce. Ils furent rejoints au cours du siècle suivant par les Hollandais, les Anglais et les Français.

Les marchands européens eurent la surprise de découvrir en Afrique occidentale un certain nombre de royaumes prospères dont les souverains et les chefs étaient considérés comme des créatures divines et exerçaient un pouvoir absolu sur leurs congénères. Leurs bijoux reflétaient leur position élevée ; on leur prêtait une puissance surnaturelle et les gens ordinaires n’avaient pas le droit d’en porter. Ils jouaient en outre un rôle important dans les cérémonies rituelles. Les rois protégeaient des artisans habiles, fondeurs et forgerons, que l’on traitait avec le plus grand respect.

Différents tribus, souvent isolées les unes des autres par une jungle impénétrable, ont mis au point leur style caractéristique de bijouterie. Chez les Ibos du Nigeria, l’aisance matérielle déterminait le rang social. Si les attributs de l’Oba (le souverain divin) étaient principalement constitués d’ivoire, ses chefs resplendissaient sous les ornements de bronze. Selon l’anecdote locale, le moulage du bronze à la cire perdue aurait été introduit au Bénin au XIII ème siècle, après que l’Oba du moment eut invité un forgeron Yoruba, du vieux royaume d’Ifé, à venir enseigner cette technique au palais.

Mais on sait aujourd’hui qu’elle est née au Moyen – Orient et qu’elle a gagné l’Afrique occidentale, par l’intermédiaire des voies commerciales du Sahara, dès le IX ème siècle.

Le Bénin devint un centre réputé pour le moulage du bronze ; l’usage de cet alliage était cependant fonction des seules décisions de l’Oba, et l’équipe des fondeurs faisait partie de sa maison royale. Le palais décoré de bustes, de sculptures et bas – reliefs, incarna l’un des plus beaux fleurons de l’architecture africaine. Avec le déclin de l’empire Bénin, à partir du XVII ème siècle, le laiton venu d’Europe afflua sur la côte occidentale en quantités croissantes, pour être vendu à l’intérieur des terres. La fonte à cire perdue s’étendit à l’est au Cameroun et à l’ouest jusqu’en Guinée, le long de l’Atlantique.

Le laiton, ou cuivre jaune, fut d’abord fourni par les Portugais sous forme de barres en fer à cheval appelées manillas; Les Anglais et les Hollandais, au XVII ème siècle, le vendirent en petits lingots; dans certaines régions il apparut aussi sous l’aspect de coupes nommées « Neptunes ». Au Zaïre et au Gabon, les lingots et les coupes obtenus en échange de esclaves, de l’ivoire et du caoutchouc en provenance des forêts étaient soit fondus pour être transformés en bijoux, soit conservés dans leurs forme originale pour servir de monnaies ou de récipients.

A l’ouest, les Dan et leur voisins des frontières de la Côte d’Ivoire et du nord est du Liberia appliquèrent la technique de la fonte à cire perdue au moulage de lourds bracelets de bronze qui, fixés aux chevilles des femmes, devinrent un élément de leur dot

Le Bronze : bijoux et monnaies

Les anciens colliers et bracelets ou torques de bronze étaient traditionnellement associés à la richesse et au prestige. On fabriquait ces bijoux selon la technique de la fonte à la cire perdue. Un chef pouvait en offrir à l’un de ces hommes afin de  récompenser son courage, les membres du conseil s’en paraient quand quand ils devaient se réunir pour prendre d’importantes décisions.

D’abord portés par les personnages puissants, les colliers devinrent peu à peu une monnaie d’échange et permirent d’acquérir des femmes, du bétail, de la nourriture ou de payer divers services et amendes…

Le Bogolan du Mali

•18 octobre 2010 • 2 commentaires

Les étoffes du Mali

L’un des des types d’étoffes les plus connus d’Afrique est le bogolanfani, l’étoffe de » boue » du Mali. Celle-ci, fabriquée par les femmes bamum, au Nord de Bamako,  est décorée de motifs géométriques blancs sur fond  noir. Cette étoffe en coton tissée par bandes, localement, sert à confectionner des vêtements de chasseurs et des pagnes de femmes.

Le tissu est d’abord plongé dans une décoction de feuilles d’arbres indigènes, tels l’Anogeissus leiocarpus (n’galaman) et le Combretum glutinosum (n’tjankara), contiennent le  mordant au tanin qui le teint d’un jaune profond. Les contours des motifs sont dessinés sur le tissu  de la vase conservées un an ou davantage et riche en sels minéraux. Le reste du tissu est ensuite soigneusement couvert de boue étalée autour autour des motifs au moyen d’un couteau, d’une spatule ou d’une brosse à dents. L’oxyde de fer de la boue entrant en réaction avec l’acide tannique du tissu produit un fond noir qui ne déteint pas. La boue est finalement lavée et les portions jaunes restantes sont décolorées avec une solution de soude caustique, d’arachides et de millet. L’opération tout entière est répétée autant de fois que nécessaire pour l’obtention d’un noir soutenu

Le Bogolan était porté par les chasseurs, les femmes enceintes ou ayant leurs règles et par quiconque risquait de perdre son sang. Ce sont des vêtements protecteurs, qui tiennent à distance les esprits maléfiques : ceux-ci, désemparés par les motifs sinueux ou le tissage serré du tissu, sont incapables de pénétrer dans le corps et s’éloignent sans sans avoir pu faire du mal.

Perles à chevrons ou Rosetta

•11 octobre 2010 • 7 commentaires

L’histoire de la perle à Chevron

Voici la fameuse perle Rosetta vénitienne, plus connue sous le nom de perle à chevron.

Perle de troc, monnaies d’échanges, perles de traite

Elle s’appelle aussi Issafall, ou Thiathiathio comme les millefioris

Perle du Mali, perle du Cameroun ou perle Bamiléké, perle de la Mauritanie, perle du Sénégal… Enfin perles d’Afrique.

Ces perles à chevrons sont 1900

Les perles à Chevrons existent  probablement depuis l’époque Ptolémaïque, à vérifier

Elles sont de 3 couleurs, un cœur vert-gris lorsqu’elles sont très anciennes, blanc lorsqu’elles sont plus récentes se succèdent du rouge et des chevrons bleus et blancs.

Le nom de Rosetta : les premières perles de verre produites du côté de la Méditerranée aurait été baptisé du nom de Rosetta qui sans doute, tire son nom de l’étymologie de Rosette, dans le delta du Nil, on peut en déduire qu’un prototype venu de basse Égypte et qu’il fut importé sur le littoral haut Adriatique par les légionnaires Romains pour être adopter et copier par les artisans verriers de la lagune de Venise, vers le VIII siècle quelques rêves échafaudés sur ces perles!…

Le plus étonnant est la continuité dans la création de cette perle à étoile tricolore brun-rouge, blanc et bleu.

Cette perle ne peut être achetée que par les gens qui auraient les moyens, car à l’époque déjà, elle avait de la valeur.

Comme cette perle échangées les esclaves, le bois d’ébène; les habitants du bord de mer allaient faire des razzias à l’intérieur des terres, Ils ramenaient ces habitants enchainaient qui étaient vendus aux blancs venus échanger leurs marchandises qui comportaient des fusils, de la poudre à canon, des tissus d’Angleterre et surtout de la Verroterie…

Le bois était parqué à l’ile de Gorée au large de Dakar au Sénégal, et acheminé par bateaux entier vers les États unis en Amérique du Sud. Beaucoup mourraient de désespoir, de maladies, ils étaient ensuite achetés par les propriétaires de plantations de coton, de café, de canne à sucre, de tabac, ils étaient aussi corvéables dans les mines de toutes sortes. Les exportateurs commerçants ramenaient justement en Europe de la cane à sucre, du coton, du tabac, du café, des fèves du cacao…

Puis ils recommençaient leur manège repartaient en Afrique les cales des bateaux pleins de marchandises à échanger.

Ceci s’appelait le commerce triangulaire.

D’autres perles bien sûr, ont été échangées en Afrique contre d’autres marchandises….

On peut voir ces perles à chevrons  dans plusieurs musées : Musée du Louvre, Musée Alexandrie en Égypte; au Portugal, au musée archéologique  de Florence en Italie, au British Museum à Londres