Les bracelets sont un livre ouvert sur l’histoire du bijou des peuples, sans écriture, un signe tangible et transcendant du sacré. La sémantique du bijou se traduit dans sa forme globale, le matériau et le décor. Forme parfaite, sans commencement ni fin, le cercle défie le temps ; l’anneau marque l’union. Forme enveloppante, il est symbole de protection, d’une protection assurée dans ses limites. Non seulement parure, le cercle maintient la cohésion entre l’âme et le corps, c’est pourquoi les guerriers antiques portaient un si grand nombre de bracelets. La même valeur du symbole explique qu’au sein de certaines cultures, les bracelets soient ôtés aux défunts dont l’âme doit pouvoir s’évader.

Photo Bracelet Miao Chine, Collection Déba Gourillon


Décorés au henné, tatoués ou stratifiés, les membres sont l’objet de métamorphoses éphémères ou durables. Une statuette de femme, exhumée lors des fouilles de Mohenjo Daro au Pakistan, et des photos de femmes Karen ou Massaï montrent que, depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours, bras et jambes disparaissent sous une accumulation de bracelets.

Peintures pariétales du Tassili et sépultures préhistoriques de Thaïlande illustrent le souci très ancien de l’homme de protéger les points les plus exposés de son corps, telles les articulations, Portés au poignet, à l’avant bras, au dessus du coude ou sur le haut du bras, ou encore sur le cou du pied, à la cheville, sur le mollet ou la cuisse, cet ornement affecte les formes multiples : jonc, anneau rigide, ouvert ou fermé, à charnière, manchette, brassard ou jambière. Par souci de symétrie, les bracelets sont souvent conçus en paire, en particulier dans les mondes arabo musulman et indien. La plupart du temps nous avons pris le parti de n’en monter qu’un, au profit de la diversité des types ou des variations sur un même thème.

Bracelet Dragon Miao, Collection Déba Gourillon

Bien que garant de la tradition, l’homme tribal fait preuve d’une créativité étonnante. L’artisan est réceptif aux techniques nouvelles, qui lui permettent d’épargner du temps ou un matériau précieux. L’être humain cherche aussi à se distinguer en arborant ce que ses rivaux n’ont pas.

Bracelet torsade Miao, Collection Déba Gourillon

Sur le plan formel, nombre de bracelets ethniques sont à la frontière de deux mondes. Celui de la préhistoire, dont plusieurs de coins reculés du globe ont prolongé les traditions jusqu’au milieu du XX ème, et celui des bijoux d’artistes contemporains, inspirés, de manière consciente ou non, des créations lointaines.

Bracelet manchette, Collection Déba Gourillon

La charge symbolique des uns et des autres diffèrent cependant. Le bracelet ethnique met l’individu en situation au sein de son groupe, il est emblématique des étapes de sa vie, symbole d’autorité et de richesse, ou charme protecteur; les créateurs contemporains quant à eux, exaltent l’individualité, la singularité.

Anne van Cutsem ( Bracelets ethniques)

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~ par Déba Gourillon sur 20 mars 2012.

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